29 septembre 2026

Hier, 83 delegations, representant 72 etats et 11 organisations internationales, sont arrivees a Toronto pour la conference Voies vers la paix : deuxieme conference internationale sur le retour des enfants ukrainiens, des civils detenus et des prisonniers de guerre. Cette conference s'inscrit dans la lignee des travaux amorces a Montreal en 2024 et complete la Coalition internationale pour le retour des enfants ukrainiens, copresidee par l'Ukraine et le Canada. Les delegues ont entendu des temoignages d'Ukrainiens ayant survecu a l'occupation et a la captivite, ainsi que des declarations nationales d'etats et d'organisations internationales.
La ministre des Affaires etrangeres du Canada, Anita Anand, a attire l'attention des delegues sur l'installation des "chaises vides" situee a cote de la salle pleniere : trois chaises vides d'objets personnels representent des prisonniers de guerre, des civils detenus illegalement et des enfants deportes.
« Ces chaises sont vides. Ce sont des enfants, des parents, des fils, des filles, des maris, des epouses. Des familles les attendent toujours », a declare Mme Anand. La ministre a annonce un nouveau financement de plus de 860 000 dollars canadiens, qui s'ajoute aux 6 millions de dollars canadiens annonces au debut du mois par le Premier ministre du Canada Mark Carney.
« Les sanctions et les financements ne sont pas des fins en soi. Ce sont des outils dont le seul objectif est de ramener chez eux les enfants ukrainiens, les civils detenus et les prisonniers de guerre. Il s'agit de ce que nous faisons de ces engagements pour l'avenir : retrouver les personnes disparues, denoncer les violations commises par la Russie, ouvrir des voies de retour, reunir les familles », a-t-elle souligne.
Eivind Vad Petersson, Secretaire d'Etat au ministere norvegien des Affaires etrangeres, a annonce un financement norvegien supplementaire d'environ 25 millions de dollars americains destine a l'UNICEF et au CICR.
« Le sort des enfants ukrainiens deportes et la liberation des civils et des prisonniers de guerre detenus illegalement ne relvent pas seulement de preoccupations humanitaires. Ce sont des questions de droit international humanitaire, de droit international des droits de l'homme et de responsabilite. Elles ont egalement des consequences directes sur toute paix juste et durable », a-t-il declare. Selon M. Petersson, l'efficacite de la reponse de la communaute internationale se mesurera aux resultats : la localisation des personnes disparues, leur retour a la maison et l'obtention du soutien dont elles ont besoin.
Le ministre des Affaires etrangeres de l'Ukraine, Andrii Sybiha, a declare dans un message video que l'Ukraine travaille sur une resolution de l'Assemblee generale des ONU concernant la torture des prisonniers ukrainiens detenus par la Russie.
« La dimension humaine doit etre au cœur de tous les efforts pour parvenir a un reglement. La liberation de notre peuple, de tous les nôtres, est un point de controle cle sur tout chemin vers la paix », a-t-il indique.
Denys Uliutin, ministre de la Politique sociale, de la Famille et de l'Unite de l'Ukraine, a note qu'en deux ans depuis Montreal, le nombre d'Ukrainiens enregistres comme disparus est passe d'environ 42 000 a plus de 114 000. Les autorites ukrainiennes ont connaissance de plus de 300 lieux de detention abritant des Ukrainiens en Russie, en Bielorussie et dans les territoires occupes, et le CICR n'a acces a aucun d'entre eux. En juin, le commissaire du Parlement ukrainien aux droits de l'homme a remis a la partie russe et au president du CICR une liste de civils qui doivent etre liberes en premier. Parmi eux figurent 225 personnes de plus de 60 ans et 276 personnes detenues avant même l'invasion a grande echelle. La Russie n'a pas repondu.
« L'Ukraine ne demande pas de sympathie. Nous demandons trois choses : l'acces, l'information et le retour », a declare M. Uliutin.
